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Voici enfin le disque que l'on attendait d'un grand pianiste comme Erik Vermeulen. Sa première œuvre éditée sous son nom (Erik Vermeulen Icarus Consort : Into Pieces), sans manquer de panache, revendiquait davantage une sensibilité libertaire exprimée au travers d'une douzaine de pièces bâties essentiellement sur des improvisations parfois jouées rubato ou frôlant le jazz free. Après l'avoir apprécié tant de fois en concert ou en sideman aux côté de Bart Defoort - l'excellent compact Moving est encore dans toutes les mémoires - ou au sein du quartet de Ben Sluijs, on attendait bien plus d'un musicien surdoué dont la rigueur et la sève n'ont d'égale que la densité de son expression. Cette fois, c'est au sommet d'une forme éblouissante qu'il nous offre à entendre en trio dix thèmes dont quatre sont empruntés à Thelonious Monk, ce qui n'étonnera pas le moins du monde ceux qui se sont un jour attachés à son jeu imaginatif. Virtuose imprégné de la science du be-bop qu'il maîtrise à la perfection, Vermeulen se distingue encore sur ce nouvel opus par une limpidité des phrases improvisées, que le tempo soit celui d'une ballade (le très beau The Star Crossed Lovers du couple Ellington / Strayhorn) ou celui palpitant d'un Monk's Dream ou d'un incroyable Bemscha Swing éructés comme des braises ardentes à la face de l'auditeur. Au fil de ces superbes digressions, ce sont les ombres de Monk, de Bud Powell ou du grand Herbie Nichols qui reprennent vie. Pour ce disque passionnant qui rend justice à un artiste talentueux, je mets cinq étoiles et c'est amplement mérité.
Discographie de Erik Vermeulen :
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