King Oliver And His Creole Jazz Band - 1923 (Classics). En compagnie de Louis Armstrong au second cornet, King Oliver met en place l'improvisation collective, sauvegarde le patrimoine traditionnel de la Nouvelle Orléans, et compose les premiers thèmes majeurs, tels Dippermouth Blues ou Canal Street Blues, qui jalonneront l'histoire du jazz.
Jelly Roll Morton : The Classic Chicago "Red Hot Peppers" Sessions - Birth Of The Hot 1926 - 1927 (RCA Bluebird). Ces années-là furent les meilleures de Jelly Roll Morton. Véritable pionnier, l'homme qui se déclarait "inventeur du jazz" dévoile ici ses talent de compositeur prolifique, de pianiste intense et d'arrangeur ingénieux en compagnie de la crème des musiciens de l'époque (dont Kid Ory, Johnny St. Cyr, Johnny et Baby Dodds qui firent aussi les beaux jours des Hot Five et Hot Seven de Louis Armstrong).
Bix Beiderbecke : Volume 3 - 1927 (Masters Of Jazz). Ce cornettiste blanc, à la sonorité dénuée de vibrato, injecte un peu de romantisme européen dans le jazz hot et annonce, avec 20 ans d'avance, l'esthétique cool. Ce disque comprend le fascinant In A Mist enregistré au piano solo ainsi que les six chefs-d'oeuvre gravés en sextette sous le nom de Bix And His Gang.
Louis Armstrong : Vol. IV - Louis Armstrong And Earl Hines (CBS). La collection de ces enregistrements de 1928 par le second Hot Five d'Armstrong compte parmi ses plus grandes oeuvres. Weather Bird, splendide duo avec le piano d'Earl Hines, et le célèbre West End Blues sont inclus. (Louis Armstrong : 1925 - 1928)
Duke Ellington And His Orchestra : Early Ellington 1927 - 1934 (RCA Bluebird). Parce qu'il faut en choisir un dans l'abondante discographie d'Ellington. Celui-ci comprend tous les titres marquants de la première période ellingtonienne : Black And Tan Fantasy, The Mooche, Creole Love Call, Solitude, Black Beauty .... (Swing & Big Bands)
Fats Waller : The Very Best of Fats Waller 1929 - 1943 (RCA). Un survol de la carrière du pianiste chanteur qui compile ses meilleurs titres comme Ain't Misbehavin', Honeysuckle Rose, Hanful Of Keys, Joint Is Jumpin' ou Squeeze Me. Larger than life!
Django Reinhardt : The Quintessence 1934 - 1943 (Frémeaux & Associés). Virtuose inégalable, Django mélange le folklore tsigane au jazz et, en compagnie de Stéphane Grappelli, invente un style profondément original. Cette compilation offre le meilleur de celui qui, avec Charlie Christian, reste la première référence de tous les guitaristes.
Billie Holiday : Volume 4, 1937 (Masters of Jazz). Billie, en compagnie de Lester Young, enregistra cette année-là une foule de chansons qu'elle n'avait pas écrites mais qui lui appartiendraient désormais : Me Myself And I, Mean To Me, My Man ....
Lionel Hampton : Hot Mallets Vol. 1 (RCA Bluebird), 1937 - 1939. Le vibraphoniste s'entoure des plus fameux solistes de l'époque et grave ainsi, avec des combos d'un jour, des dizaines de faces exceptionnelles par leur swing intense. A noter sur quelques unes d'entre elles, la présence du jeune Dizzy Gillespie encore sous l'influence de Roy Eldridge. (Swing & Big Bands)
Benny Goodman : The Famous 1938 Carnegie Hall Jazz Concert (CBS). Le témoignage d'un événement historique : le sacre du Roi du Swing au Carnegie Hall le 16 janvier 1938. Avec Lionel Hampton, Count Basie, Lester Young et beaucoup d'autres.
Charlie Christian : The Genius Of The Electric Guitar (Masters Of Jazz), 1939 - 1941. Excellent accompagnateur et soliste inspiré, ce guitariste météorique a quand même eu le temps de prouver, qu'avec du talent, la guitare électrique pouvait désormais dialoguer à égalité avec les cuivres, les anches et le piano. Till Tom Special, Solo Flight et Air Mail Special sont repris sur cette compilation. (Préhistoire de la guitare Jazz : 1920 - 1942)
Coleman Hawkins : Body And Soul 1939 - 1956 (RCA, édition de 1996). L'évolution sur 19 titres du premier grand saxophoniste ténor de l'histoire du jazz depuis la fameuse version de Body And Soul gravée le 10 novembre 1939. (Coleman Hawkins)
Sidney Bechet : Complete edition Vol. 8 - 1940 (Masters of Jazz).Comprend les 5 titres (dont une reprise) enregistrés cette année là avec Louis Armstrong.
Lester Young : The Complete Aladdin Recordings of Lester Young 1942 - 1947 (Blue Note). L'autre grand du saxophone ténor. Les faces gravées pour Aladdin sont à Lester Young ce que les Dial et les Savoy étaient à Charlie Parker : des chefs d'oeuvre parmi lesquels on épinglera These Foolish Things, Jumpin' With Symphony Sid et bien d'autres plages des 40 titres figurant sur ce double compact.
Charlie Parker : Best of The Complete Savoy & Dial Studio Recordings (Savoy Jazz), 1944-1948. Parker réinvente les blues en 12 mesures et les standards auxquels il donne d'autre noms. Avec Parker's Mood, Crazeology et quelques autres improvisations, le jazz bascule définitivement du traditionnel dans la modernité. Ce Best Of extrait d'un coffret réservé aux collectionneurs offre vingt titres remastérisés sans plages alternatives ni faux départs : rien que de l'essentiel ! (Charlie Parker)
Thelonious Monk : The Best Of Thelonious Monk - The Blue Note Years 1947 - 1952 (Blue Note). Les 16 meilleurs enregistrements Blue Note du plus original des compositeurs de musique de jazz. Avec la première version du célèbre 'Round About Midnight. (Th. Monk)
Bud Powell : The Amazing Bud Powell Vol. 1 (Blue Note), 1949 & 1951. L'égal de Charlie Parker au piano. Une vie dramatique, tourmentée, avec au bout de la course, ces solos et compositions qui sont le legs d'un artiste exceptionnel qu'un coup de matraque sur la tête avait, dès 1945, rendu Un Poco Loco.
Dizzy Gillespie : Dizzy's Diamonds - Best Of The Verve Years (Verve, 3 CD), 1950 - 1964. Trois compacts pour trois concepts : le big band, le combo, et les rythmes latins.
Gerry Mulligan and Chet Baker : The Best Of The Gerry Mulligan Quartet With Chet Baker 1952 - 1957 (Pacific Jazz). Un quartet sans piano, un son fascinant et des mélodies accessibles : la ligne claire du jazz cool. (Cool, West Coast & Third Stream) - (Chet Baker)
J. J. Johnson : The Eminent J. J. Johnson, Volume 1 (Blue Note), 1953 - 1954. L'album incontournable de celui qui parvint à vaincre toutes les difficultés techniques du trombone à coulisse. Ce disque vient d'être réédité par Blue Note en série économique sous la forme d'un digipack. Profitez-en !
Sarah Vaughan With Clifford Brown (Emarcy), 1954. Pour le timbre unique de la voix de Sarah bien sûr. Mais aussi parce qu'elle dialogue ici d'égal à égal avec le saxophone de Paul Quinichette, la flûte de Herbie Mann, et la mythique trompette de Clifford Brown dont on imagine la carrière qu'il aurait pu faire s'il n'était mort, à l'âge de 26 ans, dans un accident de la route.
Ella Fitzgerald and Louis Armstrong : Ella And Louis (Verve), 1956. Le plus grand duo de chanteurs de l'histoire du jazz et leurs chansons éternelles emballées dans l'écrin concocté par le trio d'Oscar Peterson.
Count Basie : April In Paris (Verve). Enregistré en 1955 et 1956, cet orchestre n'a plus les solistes de la grande époque "Kansas City" mais le swing est toujours là et l'orchestre sonne mieux. Ce disque, réédité récemment avec de nombreuses alternate takes, comprend April In Paris et ses fameuses répétitions finales : One More Time.
Sonny Rollins : Saxophone Colossus (Prestige - OJCCD), 1956. L'album qui valut son surnom à la dernière légende vivante du jazz, avec l'incroyable Blue 7 dont la partie improvisée intrigua plus d'un musicologue.
Art Blakey And The Jazz Messengers : Moanin' (Blue Note), 1958. Le rythme de Art Blakey au service des compositions swinguantes et inspirées de ses musiciens : Moanin' de Bobby Timmons et Blues March de Bennie Golson.
Miles Davis : Kind Of Blue (CBS). C'est sans doute par celui-là qu'il faut commencer. Il incarne le jazz sans référence à un style particulier. Enregistré en 1959 à New York, avec John Coltrane (ts), Cannonball Adderley (as), Wynton Kelly ou Bill Evans (p), Paul Chambers (b) et le batteur Jimmy Cobb, Kind of Blue est un chef d'oeuvre de ce siècle que l'on vient de rééditer en 20 bits. (Miles Davis : 1955 - 1960)
Wes Montgomery : The Incredible Jazz Guitar Of (Riverside - OJCCD), 1960. Ce deuxième album, produit sous son nom propre, ouvre à Montgomery les portes de la gloire. Désormais, son jeu sans médiator et son célèbre phrasé en octaves feront école chez les jeunes guitaristes des générations montantes. (Wes Montgomery : guitariste instinctif et visionnaire)
Bill Evans : Waltz For Debby (Riverside/OJCCD). Le disque de la maturité et la rencontre de trois musiciens d'exception qui, le 25 juin 1961, révolutionnent en public le concept du trio de piano. (Bill Evans : l'art du trio)
Dexter Gordon : Go (Blue Note), 1962. Un, deux, trois, Go ! Et c'est parti pour près de 40 minutes d'intense émotion par le plus grand saxophoniste ténor du bop.
Herbie Hancock : The Best of Blue Note (Blue Note), 1962 - 1968. Les grands titres des meilleures sessions d'un pianiste doublé d'un excellent compositeur : Watermelon Man, Maiden Voyage, Dolphin Dance, Cantaloupe Island...
Lee Morgan : The Sidewinder (Blue Note), 1963. Le disque record d'un maître de la trompette, grand prêtre du hard-bop et des musiques funky.
Charles Mingus : Mingus Mingus Mingus Mingus Mingus (Impulse). L'improvisation collective sur des structures harmoniques et mélodiques soignées. Un disque enregistré en 1963, moins convulsif que d'autres chefs d'oeuvre, et au travers duquel transparaît l'influence de Duke Ellington : Mood Indigo, Hora Decubitus. (Charles Mingus)
John Coltrane : A love Supreme (Impulse). Enregistré en 1964, 3 ans avant sa mort, ce disque marque l'aboutissement d'une quête spirituelle. Son élégance, sa musicalité, son hypnotisme continuent de hanter tous ceux qui l'ont un jour écouté. (John Coltrane)
Keith Jarrett : Standards Live (ECM), 1985. Six standards transformés par Jarrett, Gary Peacock (b) et Jack Dejohnette (drs) en un subtil équilibre proche de la musique de chambre.
Abbey Lincoln : Turtle's Dream (Verve), 1994. Certes, la voix qui traîne sur le temps rappelle Billie Holiday mais l'émotion qu'elle véhicule est aussi similaire. Et puis, les grandes dames de la nuit ne sont pas si nombreuses pour que l'on se permette de bouder celle-ci, d'autant plus qu'elle est entourée de Kenny Baron (p), Roy Hargrove (tp), Pat Metheny (gt) et Charlie Haden (b).
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