- Bobby Jaspar : Phenil Isopropil Amine (Emarcy), 1958.
Un Bobby Jaspar flûtiste pour ce jazz de chambre, enregistré à Paris avec Kenny Clarke à la batterie et Michel Hausser ou Sadi Lallemand au vibraphone, et que l'on pourrait qualifier par deux mots : élégance et perfection. Ce disque a été réédité dans la collection Jazz In Paris (Emarcy, 2002) sous le nom de Jeux De Quartes. [ Disco ] [ Ecouter / Commander ]
 
- Toots Thielemans, Joe Pass, N-H.O. Pedersen : Live in the Netherlands (Pablo - OJCCD), 1980.
Un album en public enregistré le 13 juillet 1980 au Northsea Jazz Festival (Hollande) où Toots, le guitariste Joe Pass et le grand contrebassiste danois Niels-Henning Orsted Pedersen font étalage de leur talent immense en matière d'improvisation. Les trois hommes venaient juste de terminer un set avec Oscar Peterson (également sorti sur Pablo sous le nom Oscar Peterson Live at the Northsea Jazz Festival, The Hague, Holland 1980) et Joe Pass devait ensuite se produire en solo. Mais, subjugué par l'entente entre les trois musiciens, le producteur Norman Granz suggèra au guitariste de garder la formule du trio. La réponse du public fut à la hauteur de la prestation et Joe Pass en fut tellement stimulé qu'on peut l'entendre donner accidentellement quelques coups de pied dans son amplificateur pendant ses solos, ce qui ne contribue certes pas à la qualité sonore de l'enregistrement mais n'a aucune incidence sur le plaisir d'écoute tant est grande l'excitation que procure cette formidable musique. [ Disco ] [ Ecouter / Commander ]
  
- Philip Catherine : Moods Vol. 1 & Vol. 2 (Criss Cross 1060 & 1061), 1992.
Une oeuvre fragile sur laquelle Catherine partage ses sentiments avec un invité prestigieux : le bugliste et trompettiste Tom Harrell manifestement heureux de collaborer à la création de ces exquises et mélodiques miniatures. Le jeu intuitif du bassiste Hein Van De Geyn souligne à merveille les interventions des solistes tandis que le claviériste Michel Herr enrichit les textures sur quelques titres, là où c'est nécessaire. Catherine et Harrell avaient été mis en contact deux années auparavant par Gerry Teekens, fondateur du label hollandais Criss Cross records, et le résultat fut un premier disque en trio enregistré en octobre 1990 : I Remember You. L'expérience fut si réussie que quand le guitariste apprit que Tom Harrell pouvait à nouveau venir en Europe, il organisa immédiatement de nouvelles sessions qui eurent lieu au même Studio 44 à Monster en Hollande les 19 et 20 mai 1992 (où Catherine avait aussi enregistré quelques années auparavant au sein d'un autre trio célèbre dont le leader était Chet Baker). Par chance, la magie opéra encore et les univers très personnels des deux solistes fusionnèrent à nouveau pour donner lieu à un récital inoubliable de jazz de chambre spontané. [ Disco ] [ Commander ]
 
- Jacques Pelzer : Open Sky Unit - Never Let Me Go (Igloo IGL 084), 1990.
Jacques Pelzer : Salute to the Band Box (Igloo IGL 106), 1993.
Sur Salute to the Band Box, Jacques Pelzer reprend des titres de deux musiciens de l'ère bop : le saxophoniste Gigi Gryce et le pianiste Tadd Dameron. Et le bop est bien au rendez-vous mais toujours chantant et raffiné dans l'esprit d'un jazz que l'on a voulu avant tout euphorique. Enregistré avec Philippe Catherine, Philippe Aerts et Bruno Castellucci, ce merveilleux disque n'est toutefois qu'une alternative à l'autre compact paru trois années auparavant sur le même label : Never Let Me Go avec Barney Willen (ts), Michel Grailler (p) et Eric Legnini (p) en invités. Cette fois, impossible de faire un choix. Dans les deux cas, celui que Django Rheinhardt appelait le premier alto be-bop d'Europe joue avec swing, lyrisme et un feeling inégalable une musique d'une beauté confondante. [ Disco ] [ Ecouter / Commander ]
 
- Steve Houben Quartet : Blue Circumstances (Igloo), 1993.
Un jazz ouvert, intelligent, agréable, un rien exotique. Et le jeu limpide de Houben inspiré par le piano lumineux de Diederik Wissels. Selon les propos d’un des musiciens, la session ne fut pas facile, probablement parce que la barre fut placée très haut. Les deux solistes ont une vision large de ce que le jazz peut être mais, à l’écoute des magnifiques pièces que sont Under The Sun, The Bridged Jig ou Blue Circumstances, il est clair qu’ils ont fini par se rencontrer tant la musique apparaît spontanée, fraîche, riche en couleurs et en timbres. En tout cas, le charme opère dès la prime écoute et ne se dissipe plus jamais par la suite. [ Commander ]

- Philippe Aerts Trio : Cat Walk (Igloo IGL 116), 1994.
Philippe Aerts Quartet : Back to the Old World (Igloo IGL 162), 2001.
Cat Walk présente des relectures modernes de Cole Porter ou Billy Strayhorn, des improvisations sur le Off Minor de Monk et le célèbre Airegin de Sonny Rollins, plus trois compositions personnelles (dont le magnifique Hotel Seventeen) écrites par l'un des contrebassistes les plus sollicités de la scène belge. Avec John Ruocco (ts, cl) et Tony Levin (drs). Après un long séjour à New York, Aerts reprend les choses là où il les avait laissées en enregistrant Back to the Old World en droite ligne du précédent. John Ruocco est toujours au ténor et à la clarinette, Tony Levin à la batterie et le trio est cette fois complété par celui qui entre-temps est devenu l’un des meilleurs trompettistes de la scène belges : Bert Joris. La contrebasse, bien mixée en avant permettra aux amateurs d’apprécier la sonorité et les subtilités du leader. La musique, essentiellement des compositions nouvelles hormis deux titres, dont un Giant Steps jouissif avec sa belle partie de clarinette, reste un bop accessible joué avec aisance et naturel dans l’esprit d’un jazz que l’on a voulu d’abord vivant et efficace. [ Disco ]
 
- David Linx & Diederick Wissels : Up Close (Label Bleu), 1995.
Un pianiste du silence, un chanteur à la voix légèrement voilée : une bande son pour une plongée dans l'inconnu, celui des images de Paul Delvaux ou des mots de Thomas Owens. L’entente entre les deux musiciens est parfaite, ce qui explique qu’ils se retrouveront souvent par la suite. Pourtant, cet album a quelque chose de spécial : les nuances y sont innombrables, la retenue naturelle et l’interaction entre chant et piano quasiment magique tandis que la voix de Linx, à l’instar de la grande Betty Carter dont il est le pendant masculin, improvise librement comme un instrument à part entière (Lunch At Midnight). C’est aussi le point de départ d’un style Linx / Wissels qui n’appartient qu’à eux et qui présentera désormais une unité de ton immédiatement reconnaissable. [ Disco ] [ Ecouter / Commander ]

- Aka Moon : Akasha Vol. 1 & Vol. 2 (Carbon 7), 1995 & 1996.
La quête spirituelle a conduit Fabrizio Cassol et ses compagnons sur les routes de l'Inde pour y enregistrer la suite de leurs merveilleuses aventures. Ce n’est certes pas encore la magistrale fusion que l’on entendra plus tard sur Invisible Sun mais les forces sont en place. Le rythme pulse comme une artère sanguine tandis que le saxophone virevolte sans fin à la recherche d’un graal mystique enfoui en terre indienne. Déjà, la folle et fantastique explosion des débuts a donné naissance à quelque chose d’aussi intense mais mieux contrôlé. Aka Moon a désormais appris à gérer l’énergie bleue électrique que sa musique dégage et c’est cette transcendance qui explique pourquoi les deux volumes d’Akasha sont devenus cultes. [ Disco ] [ Commander ]
 
- Nathalie Loriers : Walking Through Walls, Walking Along Walls (Igloo), 1996.
Nathalie Loriers passe l'examen de vérité pour un pianiste et le réussit : son album en trio est plein de swing, de délicatesse, de fraîcheur, avec des nuances dans le toucher qui font penser aux plus grands. En plus, les mélodies sont mémorables comme celle de la composition Walking Through Walls avec son envolée classicisante qui la rendra populaire au-delà du microcosme de jazz. Mais loin des seules atmosphères éthérées, la dame transcende aussi sa fragilité (sur Little buddy par exemple) et, avec l’aide appréciable de Sal La Rocca à la contrebasse et de Hans Van Oosterhout à la batterie, démontre qu’elle peut swinguer avec passion sans perdre pour autant sa sensibilité. Nathalie Loriers donnera par la suite d’autres beaux fruits mais celui-ci restera à jamais dans nos cœurs. [ Disco ] [ Commander ]

- Peter Hertmans et Jeroen Van Herzeele : Ode For Joe (Igloo), 1996
Ode For Joe : Caribbean Fire Dance (DeWerf), 1999.
Ode For Joe, c'est le titre de leur premier compact (Igloo 123) enregistré live au festival de Gaume à Rossignol en 1995 et on s'en souvient. Rien que des reprises du Joe Henderson de la grande époque Blue Note ou Milestone interprétées avec fougue par un tandem instrumental inusité : une guitare et un saxophone ténor. Joe Henderson lui-même aurait, paraît-il, aimé cet hommage à sa période modale en forme de reconstruction passionnée et originale. Quatre années plus tard, ils remettent le couvert avec la même équipe et une autre série de titres arrachés à l'histoire (Caribbean Fire Dance, De Werf 017). Et ça gicle tout autant sinon plus tant les morceaux ont été polis sur scène au cours des années. On s'étonne de l'aisance du jeu, on apprécie la rigueur de la mise en place, on prise le swing intense dérobé au maître, on affectionne les thèmes joués à l'unisson de ces compositions oubliées et on se dit qu'en public ou en studio, Ode For Joe, c'est toujours la fête. C'est l'inventivité dans la tradition, l'occasion d'aller de l'avant avec des souvenirs. C'est le ressac du passé qui propulse dans le futur. Dansez jusqu'au matin et brûlez-vous les ailes aux flammes de ce feu des Caraïbes. [ Disco ] [ Chronique 1 ] [ Chronique 2 ] [ Commander ]
 
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