Si vous avez aimé ce disque :

Stan Getz & Charlie Byrd : Jazz Samba

Ecoutez aussi :


d'autres disques où le jazz, se mélangeant aux musiques du monde, s'imprègne de parfums exotiques :





Amérique Latine :

  1. Coleman Hawkins : Desafinado (Impulse), 1962. Hawk devait bien un jour confronter son ténor aux rythmes brésiliens. C'est fait sur ce disque tous publics qui s'écoule lentement comme du miel au soleil.
  2. Grant Green : The Latin Bit (Blue Note), 1962. Une bonne session du guitariste fétiche de Blue Note. Avec les classiques du genre comme Mambo Inn ou Besame Mucho mais aussi le son chaleureux de la guitare de Green qui, emporté par les congas de Potato Valdez, développe ses multiples solos au phrasé si clair.
  3. Stan Getz & Joao Gilberto : Getz/ Gilberto Featuring Antonio Carlos Jobim (Verve), 1963. L'autre chef d'oeuvre de Stan Getz devenu le chantre de la bossa nova. La saveur douce-amère de La Fille d'Ipanema et la délicatesse ingénue d'Astrud Gilberto, chanteuse improvisée, ne font qu'ajouter au plaisir de l'écoute.
  4. Paul Desmond : Bossa Antigua (Jazz !), 1964. Le timbre léger du saxophone alto de l'auteur du célèbre Take Five, épaulé par la sublime guitare de Jim Hall, se fond avec nonchalance dans la bossa nova jusqu'à ne plus faire qu'un avec elle. Le seul album jamais enregistré qui soit entièrement consacré à ce style musical sans reprendre aucun thème d'origine brésilienne. Ecoutez aussi l'album Take Ten (1963) du même Paul Desmond, toujours avec Jim Hall, pour d'autres perles en forme de bossa nova.
  5. Joe Henderson : Double Rainbow (Verve), 1994. Un hommage à Antonio Carlos Jobim en deux parties, la première avec une rythmique brésilienne et la seconde avec Herbie Hancock (p), Christian McBride (b) et Jack Dejohnette (drs). Un des grands disques dans la période moderne de Joe Henderson.

    Joe Henderson : Double Rainbow

  6. Roy Hargrove's Crisol : Habana (Verve), 1997. Le trompettiste qui monte, en compagnie de Chucho Valdez (p), David Sanchez (ts, ss), John Benitez (b) et quelques autres, s'immerge dans la folie des rythmes cubains et La Havane en est toute retournée.

    Pour ceux qui souhaiteraient retourner aux sources de la fusion du jazz avec la musique latine, peut-être faudrait-il remonter jusqu'aux influences des habaneras sur Jelly Roll Morton ou au-moins jusqu'en 1937, lorsque Duke Ellington et son tromboniste portoricain Juan Tizol composèrent le célèbre Caravan. Mais ce sont surtout Dizzy Gillespie et Charlie Parker qui, à un moment donné, tombèrent amoureux des bongos et autres congas et furent ainsi à l'origine des premières oeuvres importantes du jazz afro-cubain. En plus de l'album de Gillespie renseigné à la page des disques de base, écoutez aussi la superbe compilation South Of The Border (1948 - 1952) de Charlie Parker, avec notamment l'Afro-Cuban Orchestra de Machito, éditée récemment en compact par Verve.

Asie :

  1. John McLaughlin : Shakti (CBS), 1975. Le guitariste anglais s'unit à quatre musiciens locaux, dont Zakir Hussain aux tablas et le neveu de Ravi Shankar au violon, et réussit totalement sa fusion du jazz avec la musique traditionnelle indienne. Beaucoup imité, jamais égalé.
  2. Colin Walcott : Grazing Dreams (ECM), 1977. Colin Walcott, au sitar, s'associe à John Abercrombie (gt), Palle Danielson (b), Dom Um Romao (percussions) et à l'extraordinaire Don Cherry (tp) pour un disque inventif et coloré dont le pouvoir relaxant se situe à mille lieues au-dessus de tout ce que l'on vous proposera jamais comme musique pour la méditation.

    Colin Walcott : Grazing Dreams

  3. Jan Garbarek / Ustad Fateh Ali Khan : Ragas And Sagas (ECM), 1992. L'ombre des grandes montagnes du Pakistan semblait protéger pour toujours le pouvoir hypnotique de cette musique millénaire qu'a pourtant su pénétrer la sensibilité d'un musicien du Nord.
  4. Nguyên Lê : Tales From Vietnam (ACT), 1995. Un guitariste électrique explore l'âme de ses ancêtres et la retranscrit en langage moderne. Quand le monocorde s'associe aux rêves d'occident, c'est le vent qui se glisse sous les ponts où murmurent les amants.

    Nguyên Lê : Tales From Vietnam

  5. Trilok Gurtu - The Glimpse : Kathak (ACT), 1997. L'incroyable percussionniste du John McLaughlin Trio mélange les traditions indiennes et les techniques polyrythmiques des grands batteurs de jazz, Elvin Jones en particulier. Le kathak est une danse populaire du nord de l'Inde mais son disque a aussi ses moments funky, avec le guitariste Steve Lukather, sur Seven Brings Return. Et qui mieux que ce bon génie, qui fait aussi chanter l'air et l'eau, pouvait proposer à la chanteuse Neneh Cherry un hommage au grand Don Cherry qui sut si bien incruster sa trompette sur les tablas magiques. Up in Cherrytown / Feelings all around.

    Trilok Gurtu - The Glimpse : Kathak

  6. Huong Thanh : Moon And Wind (ACT), 1999 et Dragonfly (ACT), 2000. Issue d'une famille de musiciens traditionnels, Huong Thanh, née à Saïgon et installée à Paris depuis 1977, explore le répertoire de son pays d'origine et confronte son chant riche en timbres si particuliers avec les rythmes et les instruments d'autres cultures latines ou africaines. Fusionner le monocorde, la cithare ou la flûte de bamboo vietnamienne avec la guitare électrique de Nguyen Lê, le bugle de Paolo Fresu, la basse du camerounais Richard Bona ou les percussions de Tino di Geraldo peut paraître une gageure mais la belle ne perd jamais son âme et sa musique, dont la dignité est préservée, y gagne une dimension universelle. Les deux compacts sont interchangeables même si le premier peut paraître un rien plus traditionnel : dans les deux cas, l'envoûtement est assuré.

    Huong Thanh : Moon And WindHuong Thanh : Dragonfly


Musique Arabe :

  1. Rabih Abou-Khalil : Al Jadida (ENJA), 1990. Le jazz se dissout dans les saveurs de l'Orient et la caravane passe dans la lumière jaune d'un désert qui aurait enfin retrouvé sa paix.

    Rabih Abou-Khalil : Al Jadida

  2. Anouar Brahem : Conte De l'Incroyable Amour (ECM), 1991. Les arabesques d'un luth inspiré qui joue à cache cache avec le silence.
  3. Anouar Brahem - John Surman - Dave Holland : Thimar (ECM), 1997. Le Tunisien Anouar Brahem marie son luth au saxophone et à la clarinette de l'Anglais John Surman pour un ensemble de compositions méditatives : la musique d'un songe assurément, celui de Rabia Al Adawiya dont le beau texte est reproduit dans un repli de la pochette noire et sobre.

    Anouar Brahem : Thimar

  4. Nguyên Lê : Maghreb & Friends (ACT), 1997. Les traditions et les rythmes berbères du percussionniste algérien Karim Ziad revisités par le guitariste vietnamien Nguyên Lê. Etonnant et surtout réconfortant, comment quatre chanteurs maghrébins, une chanteuse vietnamienne et un chanteur peul peuvent, dans le même titre, célébrer ensemble l'amour universel du divin. D'Alger à Fort de France, de Hanoi à Marrakech, toutes les routes sont possibles. Le jazz-raï est né !

Afrique :

  1. Dollar Brand (Abdullah Ibrahim) : African Marketplace (Elektra / Discovery), 1979. Le pianiste sud-africain Dollar Brand emmène son big band explorer quelques thèmes de son pays natal. L'un des meilleurs albums d'un musicien qui fut profondément impliqué dans la lutte de son peuple pour la liberté.
  2. Sixun : Pygmées (OMD), 1987. Un peu d'Afrique, un peu des Antilles, un métissage français, et le reste hérité de Weather Report. Quiconque a vu le batteur ivoirien Paco Sery sur scène ne l'oubliera plus jamais. Ni Eddy Louiss qui l'avait découvert, ni Jaco Pastorius qui l'avait recruté pour sa tournée européenne ne s'étaient trompés.
  3. Jean Luc Ponty : Tchokola (Epic / Sony), 1990. Rien que des artistes africains et le violon de Ponty au milieu pour un vrai disque d'ambiance. Quand même plus proche de la world music que du jazz.
  4. Aldo Romano, Louis Sclavis, Henri Texier : Carnet De Routes (Label Bleu), 1994 - 1995. Le souvenir musical d'une aventure africaine agrémenté des magnifiques photographies de Guy Le Querrec. Vu la liberté d'expression qui caractérise ces trois musiciens, c'est bien sûr davantage l'esprit de l'Afrique qui souffle ici.

    Romano, Sclavis, Texier

  5. Steve Turre : Rhythm Within (Verve), 1995. A la croisée des chemins entre les rythmes africains et sud-américains, le tromboniste Steve Turre enregistre un disque magnifique avec des arrangements superbes où vient s'insérer le son étrange des conques marines. Avec Frank Lacy (tb) sur African Shuffle et, sur Funky-T inspiré du groove de Fela Anikulapo Kuti, Pharoah Sanders (ts), Jon Faddis (tp) et Herbie Hancock (p). Magistral.

    Steve Turre : Rhythm Within


Klezmer (Musique Juive) :

Klezmer Festival 1998
Masada 3 (Gimel)
Masada 8 (Het)
A l'origine, le Klezmer se réfère à une musique d'Europe Centrale ou de l'Est traditionnellement jouée au cours des années 1800 pendant les célébrations juives. Aujourd'hui, c'est plutôt une musique de fusion issue de la diaspora qui, tout en préservant les mélodies et les harmonies juives originales, emprunte aussi bien aux airs folkloriques locaux du Yémen, de Turquie ou d'Afrique du Nord qu'au jazz ou aux expériences avant-gardistes. Pour s'initier au jazz Klezmer, on peut écouter d'abord une compilation : Klezmer Festival 1998 - Live at the Knitting Factory (JAM / Knitting Factory Records, 1999) enregistrée au cours d'un festival annuel de musique juive organisé par le célèbre club alternatif new-yorkais. On y fera connaissance avec quelques groupes representatifs du genre comme Paradox Trio, Klezmokum et surtout Hasidic New Wave dont les deux titres, qui ne sont pas sans rappeler le Miles Davis de " In a Silent Way ", valent déjà bien l'acquisition du compact. Ensuite, il faut absolument écouter l'un des dix albums enregistrés en studio par le Masada de John Zorn (Tzadik, 1994 à 1996). En quartet avec Dave Douglas (tp), Greg Cohen (b) et Joey Baron (dr), Zorn transcende l'héritage de la musique juive et lui confère à l'intérieur d'une structure jazz une nouvelle identité culturelle. Même si la référence à Ornette Coleman est incontournable, Masada est une expérience unique, riche, complexe, passionnée, turbulente, bourrée de mélancolie et d'énergie, portée par des musiciens virtuoses allant jusqu'aux limites de leurs possibilités. Difficile malheureusement de choisir parmi les 10 compacts. Présentés sous un concept graphique similaire et dénommés selon les lettres de l'alphabet hébraïque, tous offrent au-moins un titre légendaire (Idalah-Abal sur le 1, Beeroth sur le 5, Meholalot sur le 9 … etc.) et chacun a son importance dans l'édifice. Essayez le 3 (Gimel), le 5 (Hei), le 7 (Zayin), le 8 (Het) ou le 9 (Tet) et évitez seulement le 4 (Dalet) qui, à l'origine, était offert en bonus aux acheteurs des trois premiers et ne dure qu'une vingtaine de minutes.


"If we could learn to rid ourselves of our prejudices
and look beyond our limited field of vision,
we would be overwhelmed by an as yet unknown diversity of experiences.
We would become hesitant in our judgment of the world out there."

Jerry G. Bauer, 1993


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