Alexandre Furnelle Quartet : Le Chant des Sirènes (Mogno Music J013), 2003.
Alexandre Furnelle a réuni autour de sa contrebasse un quartet efficace pour interpréter avec élégance ses compositions variées et fort chantantes. Certaines sont inspirées par le Congo : elles balancent alors naturellement et font la part belle aux rythmes ensemencés avec juste ce qu’il faut de percussions exotiques et un
Jan de Haas qui, sur sa batterie, joue la souplesse avant tout. Parfois, elles font appel au chant sobre mais très coloré de
Barbara Wiernik (
Coumaya) qui s’intègre très bien dans les souvenir africains du compositeur. D’autres sont simplement de belles ballades introduites pas des thèmes accrocheurs comme ce
Sale Affaire dont la ligne mélodique, jouée au soprano par
Daniel Stokart, rappelle dans toute sa pureté le Concerto d’Aranjuez. Ailleurs encore, c’est
Peter Hertmans qui fait surgir quelques fulgurances avec ce son électrique particulier qu’on a plutôt coutume à entendre dans le jazz fusion. La musique se fait alors plus élastique avec une tendance groove comme ce
Jardins Suspendus qui clôt le disque toutes voiles dehors et fait regretter que le voyage soit déjà fini. La contrebasse du leader bien mixée dégage un son rond qui lie le tout avec un bel allant en livrant au passage quelques mesures improvisées (y compris à l’archet sur le
Chant des Sirènes) et beaucoup de moments d’interaction rythmique inspirés. A la fois lyrique, varié et plein de relief, le disque s’écoute avec un réel plaisir : avec son petit côté touche à tout, il ravira les amateurs d’un jazz séduisant et ouvert. Celui-ci, je le conseillerais bien dans ma sélection de compacts d’initiation au jazz. C’est vous dire ! [
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