Aka Moon : Invisible Sun (CARBON 7 C7-047), 1999. Dans le célèbre roman d'Arthur C. Clarke, les Raméens font tout par trois. Ainsi en est-il aussi d'Aka Moon. Le précédent disque,
Invisible Mother, n'était en fait que le premier volet d'un nouveau triptyque dont voici le second :
Invisible Sun. L'esprit reste le même : concrétisation des concepts du
I Ching comme source d'inspiration, sophistication des rythmes, alternance des passages écrits et improvisés, volonté de confrontation avec des univers musicaux extérieurs à la sphère du quartet, primauté de la rigueur sur la facilité. Par contre la démarche a radicalement changé puisque le quartet, confronté dans le précédent opus à un ensemble de musique contemporaine (Ictus), a cette fois fait appel à un orchestre de jazz de 7 musiciens. Du coup, le disque est nettement plus jazz que le précédent, offrant de magnifiques passages arrangés parsemés de solos variés (Pierre Bernard à la flûte sur
Cosmic Duke, Geoffroy De Masure au trombone sur
Tchen, Erwin Vann au ténor, Antoine Prawerman à la clarinette… tandis que sur
Offering,
Fabrizio Cassol n'hésite pas à recourir aux grandes orgues de l'Eglise de la Visitation pour matérialiser sa spiritualité). Mais le grand moment est pour la fin :
Peace, qui clôture le disque, résume avec sérénité le propos de l'œuvre en une magistrale fusion de tous ses éléments qui la hisse un palier au-dessus. Ce second volet est incontestablement une réussite, moins ardu à l'écoute que le premier mais tout aussi passionnant. Le troisième,
Invisible Moon, qui naîtra d'une nouvelle confrontation avec la musique indienne, est attendu avec impatience. [
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