Bert Joris Quartet : Magone (Dreyfus), 2007. Ce nouvel album de
Bert Joris est édité par le label français
Dreyfus, ce qui lui assure une large distribution et une publicité appréciable dans l’hexagone. En plus, les deux grands magazines de jazz francophones (Jazzman et Jazz Magazine) lui ont réservé une excellente chronique et, du même coup, ont éveillé l’intérêt d’un large public pour la musique du trompettiste belge, ce qui est tant mieux. Pourtant, tout excellent qu’il soit, Magone s’inscrit dans la suite logique d’une discographie, en solo ou comme participant, déjà remarquable mais éditée sur des labels d’origine belge et donc forcément plus confidentiels. D’ailleurs, beaucoup de thèmes parmi les onze figurant au menu de cet opus sont d’anciennes compositions du leader que l’on pourra retrouver avec d’autres arrangements sur des albums antérieurs : ainsi par exemple,
Benoit et
Mr Dodo sont extraits de
The Music Of Bert Joris du Brussels Jazz Orchestra (De Werf, 2002),
Alone At Last de
The September Sessions du Brussels Jazz Orchestra (De Werf, 1999),
Anna de
Dangerous Liaison (Talent Records, 2006) tandis que
Signs & Signatures remonte aux années 80 et au passage de Joris dans le BRT Radio Jazz Orkest. Interprétés ici en quartet, ces titres affichent une dynamique nouvelle par rapport à leurs versions orchestrales. Dès le swinguant
Mr Dodo, composé en hommage à son acolyte pianiste
Dado Maroni, on est confronté à la tonalité claire et au jeu lumineux du trompettiste qui rappelle parfois celui de Kenny Dorham mais aussi, dans les moments intimistes, celui plus velouté du grand Chet Baker. Joris n’oublie pas non plus de payer son tribut au guitariste Philip Catherine (
To Philip) avec qui il a joué et enregistré régulièrement et qui l’a probablement introduit auprès de Dreyfus. Ce jazz moderne virtuose mais musical et très accessible est encore rehaussé par la présence du bassiste
Philippe Aerts et du batteur
Dré Pallemaerts qui composent une paire rythmique des plus efficaces. La qualité des thèmes, les arrangements subtils, les improvisations limpides : tout concourt à faire de cet album un enchantement pour les oreilles. Reste maintenant à inviter le public français (et les autres) à découvrir quelques enregistrements précédents de Bert Joris qui complèteront à merveille cette superbe production, à commencer par
Bert Joris Quartet Live (Werf, 2002) et, dans un contexte de big band,
The Music of Bert Joris par le Brussels Jazz Orchestra (Werf, 2002), deux disques inclus dans le coffret «
The Finest in Belgian Jazz » mais également disponibles séparément. [
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