

Karim Baggili : Ocho Manos - Tome 2 (Take The Bus), 2026
1. Tierra Cuerpo (6:17) - 2. A la Cancha (4:51) - 3. Ola Calma (4:53) - 4. Drugo Pismo (4:20) - 5. Tymo (5:25) - 6. Dusty Strings (5:29) - 7. Loco Cristal (6:46) - 8. La Garza en Mi (3:40) - 9. Le Nouveau Loup (5:15) - 10. Petite Lumière (4:13) - 11. La Cabana Dorada (4:13) Youri Nanaï (basse électrique) ; Vivian Ladrière (cajon, bombo, batterie, udu) ; Étienne Serck (conga, maracas, cajon, dohola, udu) ; Karoline de la Serna (chant, bombo) ; Karim Baggili (guitare, chant) + Invités
Le premier tome d’Ocho Manos sorti en 2023 était consacré au oud (luth arabe). Celui-ci, le deuxième de ce qui deviendra une trilogie, met plutôt la guitare à l’honneur. L’esprit demeure toutefois fidèle à celui du précédent opus : une musique lumineuse, pleine de joie de vivre, nourrie d’influences flamencas et latines, un peu moins par les sonorités orientales plus présentes dans le premier opus. Accompagné par une basse électrique, des percussions diverses et, par moments, un piano électrique, le leader enrichit également son univers de voix qui ouvrent de nouvelles perspectives sonores. Portées par des rythmiques dépaysantes et de chaudes harmonies, ces pièces solaires invitent à savourer un hédonisme tropical dans la torpeur d’une soirée hispanique. Le disque est riche en morceaux alanguis, telle la chanson Ola Calma sur laquelle souffle un vent austral, La Cabana Dorada et ses arpèges incitant au farniente, ou encore Dusty Springs, chanté avec une voix de velours. Quelques titres plus énergiques laissent aussi éclater la ferveur des guitaristes de flamenco : poussées par les percussions, les cordes chantent alors sous les doigts de Karim Baggili. Avec Tierra Cuerpo, A La Cancha et Drugo Pismo, les arrangements paraissent plus simples qu’ils ne le sont en réalité, le vin blanc coule autour de la tonnelle et la fiesta peut commencer. Voici une musique torride qui vous saisit au corps comme une mystérieuse gitane pour une danse impromptue sous les orangers.
[ Chronique de Pierre Dulieu ] [ Shining Face sur Bandcamp ] [ A écouter : Tierra Cuerpo - Dusty Strings - La Garza En Mi ] |
Igor Gehenot Trio : Shining Face (Igloo Records / Hypnote), 2026
1. Shining Face (6:32) - 2. All Of You (4:08) - 3. Giulio (5:55) - 4. Eyes Of Black Dog (3:37) - 5. Random Life (4:22) - 6. Big Foot (4:11) - 7. Bulle (6:13) Igor Gehenot (piano) ; Sal La Rocca (contrebasse) ; Umberto Odone (batterie)
Le pianiste liégeois Igor Gehenot publie un nouvel album en trio aux côtés du contrebassiste vétéran Sal La Rocca et du batteur Umberto Odone, soit la section rythmique du Quintet de Sal La Rocca… dans lequel joue également le pianiste. Autant dire que ces trois musiciens se connaissent bien et partagent depuis plusieurs années une solide complicité de jeu. L’album met principalement à l’honneur les compositions d’Igor Gehenot, parmi lesquelles Giulio, une très belle ballade dédiée à son fils. Tout en tendresse et en émotion, cette mélodie révèle la sensibilité du pianiste à travers un toucher délicat, aéré et profondément expressif. Random Life poursuit cette veine introspective, dans une atmosphère suspendue où la mélodie affleure avec délicatesse. À l’inverse, Eyes of Black Dog, la reprise du standard All of You de Cole Porter et Big Foot de Paul Bley déploient un swing post-bop naturel, nourri par de vives interactions entre les membres du trio. C’est toutefois dans Shining Face, titre d’ouverture de l’album, que la synergie entre Igor Gehenot et sa rythmique apparaît avec le plus d’évidence : au fil d’un morceau en constante évolution, les trois musiciens dialoguent avec une grande vivacité, construisant une musique nerveuse, imprévisible et portée par la cohésion d’un trio au sommet de son art.
[ Chronique de Pierre Dulieu ] [ Shining Face sur Amazon (*) ] [ A écouter : Shining Face - Giulio ] |
Hélène Duret / Synestet : Perception (Igloo Records), 2026
1. De loin en loin (6:04) - 2. Solo (1:36) - 3. Point commun(5:41) - 4. Adieu (6:17) - 5. Au milieu (5:20) - 6. Enfermé dehors (4:06) - 7. Sinueuse (2:51) - 8. Abysses (3:57) - 9. Intro (1:05) - 10. Basculements (4:48) - 11. Colère contenue (6:50) - 12. Coda (1:22) Hélène Duret (clarinette, clarinette basse, compositions) ; Sylvain Debaisieux (sax ténor) ; Benjamin Sauzereau (guitare) ; Fil Caporali (contrebasse) ; Maxime Rouayroux (drums) ; Nils Wogram (trombone)
Le troisième disque en studio du groupe Synestet s’intitule Perception. Il renvoie , une fois encore, à des façons différentes de percevoir la réalité, un thème qui traverse l’univers musical de la leader, la clarinettiste et compositrice Hélène Duret. Le morceau d’ouverture, De loin en loin, laisse d’abord penser que la musique s’est considérablement densifiée, grâce notamment à l’apport du tromboniste Nils Wogram, invité sur ce titre. Mais dès Point Commun qui succède à un court interlude en forme de solo de clarinette basse, on retrouve le charme mystérieux qui caractérise la musique singulière et très cinématographique de cet ensemble formé il y a déjà neuf ans. Nils Wogram livre encore de longs solos captivants sur Au Milieu et Adieu. L’association du trombone et de la clarinette renvoie à un certain Michel Portal, et on imagine qu’Hélène Duret a peut-être fait le rapprochement. Les compositions ne suivent pas le schéma habituel thème/solos/thème : ce sont plutôt des miniatures orchestrales sinueuses, agencées pour un jeu collectif, qui se déploient comme des scénarios de film. Cette musique raconte des histoires et suscite des émotions. Ses contours, fugaces, semblent être créés dans l’instant telle une sculpture nuageuse, façonnée par le vent, qui évoque tour à tour des créatures ou des objets en perpétuelle transformation. A l’écoute de ce disque, on se détend, on respire profondément, on ferme les yeux, et on se laisse emporter au-delà du réel grâce aux ailes fragiles que les musiciens ont tissées pour nous.
[ Chronique de Pierre Dulieu ] [ Perception sur Amazon (*) ] [ A écouter : Abysses - Adieu (feat. Nils Wogram) ] |
Lorenzo Di Maio : Ruby II (Igloo), 2026
1. Still (3:30) - 2. Ruby Boys (4:24) - 3. What's Left (7:05) - 4. Cycle Part I (1:41) - 5. Uprising (5:49) - 6. A Gospel Song (3:35) – 7. Cycle Part II (0:53) - 8. Cosmic Trip (6:34) - 9. Cycle Part III (0:59) - 10. Something To Believe In (7:18) Lorenzo Di Maio (guitare, compositions) ; Wajdi Riahi (piano, rhodes) ; Cédric Raymond (Moog, Prophet) ; Pierre Hurty (batterie)
Avec son troisième album, Ruby, paru en 2023, le guitariste Lorenzo Di Maio combinait acoustique et électronique dans un projet éclectique à la croisée du jazz, de la fusion et du rock « indie ». Après un EP « Live at Botanique » (2025) qui revisitait le répertoire de Ruby en concert, Lorenzo sort aujourd’hui Ruby II, enregistré avec le même quartet et dans le même esprit. On y retrouve en effet ce mariage unique de mélodies mémorables, de sonorités vintages, de lyrisme et d’envolées débridées qui font tout le charme de cette musique. Tout cela est déjà apparent dès le premier morceau, Still, porté par un ostinato minimaliste et hypnotique, un thème délicat au piano et des riffs électriques. L’atmosphère plus planante que propulsive de cette composition n’est pas sans évoquer l’approche ludique et moderne d’un GoGo Penguin (en particulier sur l’album Necessary Fictions). La guitare du leader est bien mise en avant sur Ruby Boys où elle échange avec le piano de Wajdi Riahi sur une rythmique dynamique. Le jeu de batterie de Pierre Hurty, qui a abandonné les beats trop appuyés du premier album, apparaît cette fois subtil et très réactif, accompagnant de manière idéale la sinuosité des combinaisons électro-acoustiques. Sur le saisissant Uprising, les synthés créent une ambiance cinématographique invitant à découvrir de nouveaux univers sonores dans une musique-fiction explosive. Et puis, il y a le bien nommé Cosmic Trip avec ses bulles électroniques, tremplin pour un voyage interstellaire ponctué de superbes solos de synthés et de guitare auxquels vient s’ajouter celui de Wajdi Riahi au Fender Rhodes. Les dix plages de cet album se succèdent avec bonheur, distillant nostalgie rêveuse et moments extatiques qui laissent l’auditeur avide d’en entendre davantage !
[ Chronique de Pierre Dulieu (également publiée le 1/4/2026 dans la revue JazzMania) ] [ Ruby II sur Amazon (*) ] [ A écouter : Ruby Boys - Cosmic Trip ] |
Bill Frisell : In My Dreams (Blue Note), 2026
1. Trapped in the Sky (2:06) - 2. When We Go (7:51) - 3. In My Dreams (5:12) - 4. Isfahan" (6:33) - 5. Give Me a Home (2:53) - 6. Why? (3:17) - 7. Curtis (A Year and a Day) (7:23) - 8. Hard Times" (4:41) - 9. Again" (6:16) - 10. Small Hands" (6:18) - 11. Never Too Late (4:05) - 12. Home on the Range" (5:38) Bill Frisell (guitares) ; Jenny Scheinman (violon) ; Eyvind Kang (violon alto) ; Hank Roberts (violoncelle) ; Thomas Morgan (contrebasse) ; Rudy Royston (drums)
Cet album, qui célèbre le 75e anniversaire du guitariste, a été enregistré par Bill Frisell entouré de musiciens avec lesquels il a l’habitude de travailler : le bassiste Thomas Morgan et le batteur Rudy Royston, le trio étant accompagné d’un ensemble de cordes comprenant la violoniste Jenny Scheinman, la violoniste alto Eyvind Kang et le violoncelliste Hank Roberts. Cette combinaison de prises live agrémentée de quelques ajouts en studio compose une sorte de musique de chambre moderne où l’on reconnaît d’emblée le style du guitariste. Ses sources d’inspiration restent les mêmes : le jazz, le blues, le folklore et la country music, le gospel et une bonne dose de ce qu’on appelle « americana », un genre hybride qui mélange racines, histoire et traditions musicales typiquement américaines. Les compositions, reprises ou originaux, sont interprétées avec élégance et légèreté, ouvrant l’horizon sur de vastes espaces vierges au coucher du soleil. Le guitariste est le maître d’œuvre de sa musique : il ne s’impose jamais comme leader, préférant agir, tel un Miles Davis moderne, comme un catalyseur et indiquer à ses complices, par quelques notes bien choisies, de nouvelles directions. Poétique, évocatrice, intimiste, érudite, émotionnelle, méditative, synergique, intuitive, spirituelle, hantée parfois, fascinante toujours, la vision de Bill Frisell reste unique dans le jazz moderne et In My Dreams, inspiré par un rêve personnel, compte assurément parmi ses plus belles réalisations.
[ Chronique de Pierre Dulieu ] [ In My Dreams sur Amazon (*) ] [ A écouter : Trapped in the Sky - When We Go ] |
Dave Wilson Quartet : When Even Goes East (Autoproduction), 2026
1. Let's Go - 2. These Days - 3. Eyes of the World - 4. Adios – 5. When Even Goes East – 6. Slow Freeze – 7. Intragalactic Sunset 8. The Fool on the Hill – 9. Fire – 10. Wichita Lineman Dave Wilson (saxophone) ; Jesse Green (piano), Evan Gregor (basse) ; batteur Daniel Gonzales (batterie)
Dave Wilson est un saxophoniste américain qui, en janvier 2022, a sorti Stretching Supreme, un album dédié à John Coltrane qui fut l’un de ses principaux inspirateurs. Entouré du pianiste Kirk Reese, du bassiste Tony Marino et du batteur Alex Ritz, Dave Wilson y offrait une vision fraîche de l’œuvre de Coltrane en délivrant un jeu à la fois vibrant et nuancé aussi bien au ténor qu’au soprano. Quatre ans plus tard, il refait surface avec un nouveau quartet, composé cette fois du pianiste Jesse Green, du bassiste Evan Gregor et du batteur Daniel Gonzales, pour un album qui met à l’honneur le rock classique puisqu’il mêle à des compositions originales, des morceaux des Beatles, de Jimi Hendrix, du Grateful Dead, de Jimmy Webb et de Jackson Browne. Le leader se distingue par un sens aigu de la mélodie et une sophistication élégante, particulièrement perceptibles dans les reprises dont les schémas harmoniques sont agréables mais souvent simples. On s’en convaincra en écoutant These Days, une chanson douce de Jackson Browne, autrefois interprétée par Nico, qui séduit autant par sa musicalité que par son pouvoir apaisant. L’ajout sur ce morceau (et sur quelques autres) de Lenny Castro aux percussions accentue encore la légèreté d’une musique qui coule paisiblement comme une chanson estivale. Même sur Fire de Hendrix, la musique reste souple et légère teintée toutefois d’un groove qui offre au pianiste Jesse Green l’occasion de s’illustrer dans un solo dynamique et expressif. En comparaison, les compositions originales de Wilson paraissent plus élaborées et permettent aux solistes de s’exprimer avec plus de liberté : Let's Go par exemple est une pièce remarquable de post-bop dynamique dans l’esprit de Michael Brecker avec de formidables solos de piano et de saxophone. Oscillant ainsi entre ces deux pôles, jazz-pop et jazz moderne, cet album s’impose comme une réussite et s’écoute avec un plaisir constant du début à la fin. [ Chronique de Pierre Dulieu ] [ When Even Goes East sur Bandcamp ] [ A écouter : Let's Go ] |
Julian Lage : Scenes From Above (Blue Note), 2026
1. Opal (4:09) – 2. Red Elm (4:46) – 3. Talking Drum (5:06) – 4. Havens (4:43) – 5. Night Shade (7:24) – 6. Solid Air (3:20) – 7. Ocala (4:20) – 8. Storyville (4:23) – 9. Something More (4:02) Julian Lage (guitare) ; John Medeski: (orgue Hammond B3, piano) ; Jorge Roeder (contrebasse) ; Kenny Wollesen (batterie, percussions) ; Patrick Warren (piano, cloches, percussions, dulcitone, cordes)
Pour ce cinquième opus sur le label Blue Note, le guitariste s’est entouré d’un groupe renouvelé comprenant le bassiste Jorge Roeder, le batteur vétéran Kenny Wollesen et le claviériste John Medeski, spécialiste de l’orgue Hammond. Ce dernier apporte de nouvelles teintes a l’univers de Julian Lage tout en adoucissant les contours de sa musique, ce qui la rend plus accessible, plus confortable. Ceci ne signifie aucunement que le jeu du guitariste est édulcoré : Julian Lage garde sa sonorité distincte ainsi qu’une manière de composer et de jouer qui lui sont propres mais l’emballage moins rugueux et la mise en valeur de ses qualités propres sont cette fois particulièrement attrayants. La mélodie rêveuse et romantique d’Ocala illustre parfaitement cette esthétique, tout comme le splendide Night Shade avec ses lignes de guitare bluesy qui flottent sur des nappes d’orgue crémeuses ourlant un océan de lait. Sur six morceaux, le pianiste Patrick Warren vient enrichir le quartet, en ajoutant des percussions et des arrangements de cordes qui densifient les textures. La production, assurée une fois de plus par Joe Henry - récompensé plusieurs fois par des Grammy Awards - se distingue par son excellence. À l’exception de l’audacieux et bouillonnant Storyville aux idées libres et foisonnantes, le reste du disque s’inscrit dans une ambiance jazz soul chaleureuse, souvent associée aux combos orgue/guitare, mais diffractée par le prisme d’un des guitaristes les plus inventifs de ce début de siècle. [ Chronique de Pierre Dulieu ] [ Scenes From Above sur Amazon (*) ] [ A écouter : Night Shade - Opal ] |
The New Gypsies Featuring Vic Juris (SteepleChase), 2026
1. La Vie En Rose – 2. Autumn Leaves – 3. Mystérieuse – 4. Petite Fleur – 5. Fais-Moi Valser – 6. Belleville Rendez-Vous – 7. Songe D'automne – 8. Pèche A La Mouche – 9. Où Est-Tu Mon Amour? – 10. Black And White – 11. Nuages Vic Juris (guitare) ; Tony Miceli (vibraphone) ; Chico Huff (basse) ; Dan Monaghan (drums)
Le guitariste américain Vic Juris, qui a eu pour mentor le virtuose Pat Martino, a fait ses débuts en tant que leader avec l’album Roadsong en 1979. En plus de ses nombreuses collaborations, dont une de longue date avec le saxophoniste David Liebman, il a aussi construit une imposante discographie sous son nom. Au milieu des années 90, Il a signé un contrat exclusif avec le label danois SteepleChase et, à partir de Night Tripper en 1995, il avait l’habitude de sortir un disque tous les ans... jusqu’à sa disparition à 66 ans, le 31 décembre 2019. Paru en 2020, l’album Let's Cool One était supposé clore son héritage discographique. Mais c’était sans compter sur ces titres inédits enregistrés en janvier 2017 en compagnie du trio du vibraphoniste Tony Miceli. La confection du disque ayant été retardée pour des raisons techniques, l’album restauré, le 19e sur SteepleChase et probablement le dernier de Vic Juris, fait enfin surface huit années plus tard sous le nom The New Gypsies Featuring Vic Juris. Dans l’esprit du Quintette du Hot Club de France, ce quartet propose des versions instrumentales de chansons célèbres (Où est-tu, mon amour d’Henri Lemarchand, La vie en rose et Fais-moi valser popularisées par Edith Piaf) ou des reprises de thèmes devenus des standards du répertoire manouche comme Pêche à la mouche ou Nuages. Le vibraphone apporte un vent de fraîcheur et de nouvelles couleurs frémissantes à ces mélodies familières. Le choix d’une basse électrique, plutôt que les sons boisés de la contrebasse, est atypique dans ce contexte gitan mais Chico Huff s’avère particulièrement agile en échafaudant des rythmiques inventives et en livrant des solos inspirés (comme sur Autum Leaves en particulier). Quant à Vic Juris, son jeu de guitare est vif sur les morceaux rapides et lyrique sur les plus lents. Son phrasé staccato et ses cascades de notes sur certaines phrases, qui ne sont pas sans évoquer Pat Martino, font merveille sur les reprises de Django Reinhardt comme Pêche à la mouche et Black and White. Débordante de qualités à tous les niveaux, cette musique intemporelle coule dans les oreilles telle du miel sous un soleil d’été. [ Chronique de Pierre Dulieu ] [ The New Gypsies Featuring Vic Juris sur Amazon (*) ] [ A écouter : Pèche à la mouche - Belleville rendez-vous ] |
Tom Bourgeois : Lili - Les Inédits (Igloo), 2025
1. Thèmes d'Amour en Canon (5te) - 2. D'un matin de printemps - 3. Psalm130 - 4. Thèmes et variations #5 (take2) - 5. Thème d'Amour - 6. Jeff(10) - 7. Thèmes et variations #2 (take2) Tom Bourgeois (saxophones, clarinette basse, compositions & arrangements) ; Alex Koo (piano) ; Lennart Heyndels (contrebasse) ; Théo Lanau (batterie) ;Vincent Courtois (violoncelle)
Lili fut assurément l’un des albums marquants de l’année 2025 au sujet duquel nous écrivions dans ces pages : « Tel l’anneau magique de Tolkien, ce disque réunit toutes les musiques en une œuvre magistrale, inspirée du passé mais fusionnant avec les infinies possibilités qu’offre le XXIème siècle. » Mais ce n’est pas tout : les séances d’enregistrement ont donné lieu à plusieurs morceaux interprétés différemment et qui ont évolué dans d’autres directions. Si bien qu’après la sélection qui a conduit à la réalisation de l’album original, il restait un peu moins de 30 minutes de musique inédite. Elle est aujourd’hui rendue disponible en format digital. S’inscrivant bien sûr dans la lignée de Lili, ces inédits constituent un complément musical tout aussi envoûtant et passionnant. Outre des prises différentes des Thèmes et variations #2 et #5, de Jeff(10), et des Thèmes d’amour, les 7 titres incluent aussi D'un matin de printemps et Psalm130. La musique est entièrement instrumentale, la chanteuse Veronika Harcsa ne figurant sur aucun de ces 7 titres. Ceux qui ont apprécié l’album Lili ne pourront se passer d’écouter aussi celui-ci : ce sont d’autres facettes de la créativité de Tom Bourgeois et de son splendide quartet.
[ Chronique de Pierre Dulieu ] [ Lili - Les inédits sur Bandcamp ] [ A écouter : D'un matin de printemps - Thème d'amour ] |
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