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Colosseum : Valentyne Suite (Vertigo) UK 1969 Réédition CD Remastered (Essential Records), 1998 De tous les albums figurant sur cette page, celui qui fut le premier à arborer fièrement la célèbre spirale est un classique indispensable à toute collection de Rock progressif. La plupart des musiciens de Colosseum ayant fait leurs premières armes dans des groupes de Blues-rock anglais, on ne sera pas étonné de retrouver ici un Buttys’s Blues de bonne facture à côté de morceaux plus psychédéliques (The Kettle) ou Soul (Elegy et The Machine Demands a Sacrifice). Mais la surprise se niche sur la seconde face du LP entièrement dédiée à une suite progressive en trois parties qui échappe aux schémas traditionnels. Valentyne Suite est un incroyable brûlot de Rock-Jazz (et non l’inverse) constamment nourri par la frappe sauvage et arborescente du batteur et leader Jon Hiseman propulsant des improvisations à la faconde remarquable : à l’orgue par Dave Greenslade et au saxophone par Dick Heckstall-Smith, tandis que le guitariste James Litherland, mixé en retrait, paraît quand même un peu moins à l’aise que dans son Blues-Rock familier. Le son est abrasif, le mixage approximatif et la production inexistante mais qu’on ne s’y trompe pas : cette musique intense et sans compromission vole largement au-dessus de son époque. |
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Magna Carta : Seasons (Vertigo) UK 1970 Réédition CD (Repertoire Records), 2004 Magna Carta fut fondé à York en 1969 par le guitariste, chanteur, poète et compositeur Chris Simpson qui s’entoura du guitariste d’origine Australienne Lyell Tranter et d’un chanteur au registre vocal étendu nommé Glen Stuart. Après un premier disque paru chez Mercury (Times of Change, 1969), le trio folk signa avec Vertigo et enregistra ce qui devait rester comme son plus célèbre opus : Seasons. En plus du London Symphony Orchestra, le trio est accompagné par de nombreux musiciens comme Tony Carr (drums), Derek Grossmith (flute), Davey Johnstone (Guitare), Tony Visconti (Basse et Percussions), Peter Willison (violoncelle) et Rick Wakeman aux claviers. Folk intimiste anglais, guitares acoustiques ensoleillées, chant mélodieux et chansons autobiographiques, de disque renferme non seulement les plus belles compositions du trio comme Airport Song ou Scarecrow Song mais aussi la longue suite nommée Seasons qui, selon Simpson, compte « le voyage de l’âme et le cycle des saisons dans son Nidderdale (Yorkshire) natal ». Après s’être aliéné un noyau de fans fidèles, le trio a fini par se séparer mais Simpson a continué sous le nom de Magna Carta dont la discographie compte aujourd’hui une bonne trentaine d’albums. La réédition 2004 de Seasons par le label Repertoire a heureusement conservé la magnifique double pochette originale pour une fois bien mise en valeur par un travail d’édition soigné et un digipack luxueux. |
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Affinity (Vertigo) UK 1970 Réédition CD (Angel Air), 2002 Comme beaucoup d’autres groupes progressifs anglais de l’époque, ce quintet est un produit des collèges, en l’occurrence l’Université du Sussex. Leur particularité réside en leur chanteuse, Linda Hoyle, dont la voix traînante plane au-dessus de l’orchestre à l’instar de Grace Slick dans le Jefferson Airplane (Night Flight) mais aussi en Lynton Naiff, dont le jeu à l’orgue Hammond B3 évoque celui des combos de jazz. Leur seul et unique album paru chez Vertigo en 1970 est un mélange plutôt convaincant de Rock psychédélique au tempo medium (I Wonder If I Care As Much) et d’harmonies Jazz (Coconut Grove) sur lequel souffle aussi avec bonheur l’esprit du Soul/Blues (I Am And So Are You, Mr. Joy, Three Sisters). Ce premier opus chargé de promesses se conclut par une longue reprise soûlante de All Along The Watchtower qui n’a rien à voir avec celle de Jimi Hendrix mais qui n’en est en pas moins bourrée d’un groove intense. Après avoir beaucoup travaillé, le groupe s’est soudain trouvé en difficulté quand Linda Hoyle a perdu la foi et a quitté le métier, pour un temps toutefois puisqu’on la retrouvera en compagnie de Chris Spedding sur l’album Pieces of Me sorti en 1971 sous son nom et sur le même label. La réédition d’Affinity chez Angel Air en 2002 est une aubaine pour les collectionneurs puisqu’en plus des titres du LP original ont été ajoutés en bonus huit nouvelles plages : les deux faces d’un 45 tours aujourd’hui introuvable (Eli's Coming / United States of Mind), deux titres enregistrés pour des sessions radiophoniques et quatre inédits gravés pour un second LP qui n’a jamais vu le jour. |
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Fairfield Parlour : From Home To Home (Vertigo) UK 1970 Réédition CD Remastered plus Bonus (Repertoire Records), 2004 Pour renouveler leur image psyché un peu désuète, le groupe britannique Kaleidoscope se rebaptise Fairfiel Parlour avant de se produire au festival de l’Ile de Wight en 1970. Après une superbe ballade (Bordeaux Rose) éditée en simple, From Home To Home, produit par leur manager David Symonds, sort chez Vertigo sous une pochette double et ténébreuse conçue par Marcus Keef. La musique par contre change à peine et il n’est pas difficile d’identifier les origines du quartet. Entre folk anglais tranquille et pop aérien, à mi-chemin entre les Beatles et Donovan, les chansons évocatrices de Peter Daltrey, méticuleusement arrangées par Eddy Plumer, continuent d’enchanter même si elles laissent parfois paraître un côté plus posé et plus sombre qu’autrefois. La réédition récente en CD sur le label Repertoire comprend huit titres en bonus dont leur plus fameuse composition, Bordeaux Rose, étrangement absente du LP original (alors que la face B du 45 tours, Chalk On The Wall, avait été incluse). Accessible, délicate, rehaussée par des combinaisons subtiles d'instruments divers (mellotron, guitares acoustiques et électriques, orgue, clavecin, piano, sitar, percussions ...), la musique de Fairfield Parlour n'a pourtant pas rencontré son public. Un positionnement musical plus tranché aurait-il pu changer le cours des choses ? |
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May Blitz (Vertigo) UK 1970 Réédition CD (Repertoire Records), 2004 On se doute bien qu’un groupe qui prend pour patronyme le fameux bombardement de Liverpool par la Luftwaffe en mai 1941 ne doit pas faire dans la dentelle. Et de fait, May Blitz joue un Rock lourd avec des relents de blues et quelques velléités progressives. Formé en 1969, ce power trio influencé par Cream qui réunit autour du batteur Tony Newman (ex-Jeff Beck Group) les Canadiens James Black (guitare et chant) et Reid Hudson (basse et chant) n’a pris son line-up définitif que quelques semaines avant l’enregistrement de son premier album éponyme. Le son robuste et agressif, lacéré de riffs de guitare au feedback impressionnant, ne manquait pas de panache et le disque a ses bons moments mais il manque aussi de maturité. Pour ne rien arranger, il est emballé dans une pochette peu attractive quoique surprenante sur le plan purement artistique : elle a été dessinée par Tony Benyon, auteur également de la pochette étrange du premier Patto. Les ventes furent modestes, ce qui n’empêcha pas May Blitz de récidiver six mois plus tard avec un second album, The Second of May, qui, de l’avis de tous, est moins réussi que le premier. Déçus, les Canadiens jetèrent l’éponge et rentrèrent chez eux tandis que Newman poursuivra sa carrière musicale en jouant entre autres avec Three Man Army, Boxer, David Bowie, Marc Bolan et Whitesnake. |
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Gravy Train (Vertigo) UK 1970 Réédition CD (Repertoire Records), 2005 Ce quartet originaire de Manchester est un melting pot proto-progressif d’influences héritées de quelques groupes dont le succès fut plus heureux : le premier Black Sabbath pour le son Hard Rock, un côté bluesy et/ou psychédélique emprunté à Cream ou à Syd Barrett et dû à la guitare fuzzy de Norman Barrett, un petite évocation du premier album Blues-Rock de Jethro Tull à cause des parties de flûte tumultueuses de J.D. Hughes sans oublier un feeling jazzy apporté par le batteur Barry Davenport qui officiait auparavant dans un combo de Jazz (John Rotherham Trio). Tout ça peut paraître à priori avantageux mais malheureusement, les longues improvisations instrumentales sont souvent complaisantes, la voix de Barrett n’accroche guère et les compositions sont loin d’être toutes mémorables. Comparé aux trois albums qui suivront (Ballad of a peaceful man, Vertigo - 1971 ; Second birth, Dawn - 1973 et Staircase to the day, Dawn - 1974), celui-ci apparaît plus brut, moins travaillé, plus spontané et c’est sans doute ce qui explique qu’on peut encore lui trouver un certain charme. Le succès n’étant jamais venu au rendez-vous, Gravy Train se disloqua dans l’indifférence en 1974 tandis qu’à l’instar de Kerry Livgren et Neil Morse, le guitariste et chanteur Norman Barrett choisit définitivement la voie lumineuse en intégrant un groupe de Rock chrétien. Aujourd’hui, le LP original, emballé par Hipgnosis dans une superbe double pochette riche en couleurs et représentant une scène de gare digne d’un western fantastique de Sergio Leone, est activement recherché par les collectionneurs. |
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Warhorse (Vertigo) UK 1970 Réédition CD (Angel Air), 1999 Après avoir quitté Deep Purple, le bassiste Nick Simper fonda Warhorse sur le même modèle, confiant l’orgue Hammond à Frank Wilson et la guitare à Ged Peck pour un clone du fameux tandem Jon Lord / Ritchie Blackmore. Et, pour un premier disque, ça fonctionne plutôt bien avec un répertoire Hard Rock proto-progressif axé sur le Blues et le Funk. La voix rauque d'Ashley Holt n’a pas la puissance de celle de Ian Gillan mais elle constitue une alternative possible pour ce genre de musique tandis que les solos d’orgue et de guitare eux assurent un maximum : il suffit d’entendre les riffs de Vulture Blood, de Ritual ou de Woman Of The Devil pour se convaincre du potentiel de Warhorse. Le simple St. Louis, une reprise des Easybeats, ne réussit pas à atteindre les charts mais l'album, emballé dans une pochette superbe conçue par le photographe Marcus Keef, ne passera pas pour autant inaperçu des amateurs. Suite à des problèmes de personnel, le groupe déclarera forfait après son deuxième essai (Red Sea en 1972 enregistré avec un autre guitariste) mettant ainsi un terme à une brève aventure qui, avec un peu plus de chance, aurait pu prendre un autre tournant. |
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Cressida : Asylum (Vertigo) UK 1971 Réédition CD (Repertoire Records), 2000 Cressida est, avec Colosseum, un des groupes parmi les plus attachants du label. Ce second album s’affirme davantage que le premier dans la veine progressive avec des parties instrumentales plus étendues et des textues enrichies par des arrangements orchestraux organisés avec goût. Décliné globalement sur des tempos medium, le Rock symphonique de Cressida n’a rien à voir avec celui de Yes ou de Genesis. Propulsés par une basse fluide et une batterie élastique, les solos de guitare (John Culley et John Heyworth) alternant avec des improvisations au piano ou à l’orgue Hammond (Peter Jennings) pleines de sensibilité pourront évoquer Caravan et le Rock de Canterbury. Mais ces improvisations sont toujours intégrées au cœur de petites séquences mélodiques élégantes et sophistiquées non dépourvues de grandeur et d’émotion qui rappelleront davantage les Moody Blues. Même la voix veloutée du chanteur contribue à cette atmosphère feutrée et mélancolique, typique des groupes britanniques de l’époque, et qui rend l’écoute de ce disque si agréable. L’ensemble, ainsi constitué d’une multitude de petits moments indéfinis assemblés avec grâce, a un charme fou et son horizon vaste et dégagé ravira probablement autant les amateurs de In The Land of Grey and Pink que ceux de In Search of the Lost Chord. |
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Nirvana : Local Anaesthetic (Vertigo) UK 1971 Réédition CD (Repertoire Records), 1993 Emergeant d’un groupe psychédélique obscur fondé en 1967, l’Irlandais Patrick Campbell-Lyons se retrouve seul au début des années 70 avec le nom Nirvana comme héritage. Il a alors la chance d’être recruté par le label Vertigo comme producteur et investigateur de nouveaux talents et en profite pour enregistrer un nouvel album avec l’assistance de Jade Warrior et de Mel Collins : Local Anaesthetic ne contient que deux titres, Modus Operandi et Home, occupant chacun une face du LP. Modus Operandi commence plutôt bien avec le remixage d’un ancien single de 1967 intitulé Requiem to John Coltrane mais la musique inspirée au départ par le jazz et dotée d’arrangements complexes finit par se diluer dans un bouillon Pop psyché sans consistance. La même dérive se répète avec la seconde plage témoignant de l'incapacité du leader à gérer de tels morceaux fleuves : là où Yes et Pink Floyd arrêtent le temps, Nirvana se contente en vain de l'occuper. Avec cet album bizarre, Campbell-Lyons ratait sa tentative de se positionner sur la scène progressive naissante qu’il avait par ailleurs contribuée à créer par son travail de sélection et de production chez Vertigo. L’impressionnante pochette double, dont les couleurs suggèrent le temps figé comme par une anesthésie locale, reste par contre l’une des plus réussies du label. Elle fut conçue par le photographe Marcus Keef (designer du premier Black Sabbath) qui eut recours une fois encore à la femme de Keith McMillan après l’avoir déjà utilisée comme modèle pour les pochettes de Valentyne Suite et d’Affinity. |
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Jade Warrior (Vertigo) UK 1971 Réédition CD Remastered (Repertoire Records), 2004 Ce trio composé de Tony Duhig (guitare), Jon Field (percussions, flûte) et Glyn Havard (basse & vocals) joue une musique éclectique aux sonorités singulières comparées aux standards rock de l’époque : flûte, guitare accordée de façon inusitée et batterie remplacée par des cloches tubulaires et autres percussions diverses. Composant un assemblage abstrait et contrasté de mélopées introspectives, de Rocks basiques et d'assauts rythmiques, Jade Warrior explore les chemins possibles sans se laisser enfermer dans une quelconque étiquette et témoigne d’une attirance, pionnière à l’époque, pour les musiques ethniques. Subjugué en particulier par la culture japonaise, le trio y a puisé quelques sons exotiques, son nom de scène et une imagerie héritée d’antiques estampes qui ornera les pochettes de tous leurs albums à venir. En définitive, un premier disque inhabituel à redécouvrir enfin, après quelques errements, dans une réédition correcte. |






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