WOBBLER

Hinterland

(Laser's Edge) 2005

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Afterglow

(Termo Records) 2009


Il Trono Dei RicordiDeux belles pochettes pour illustrer les deux albums du combo norvégien Wobbler. La première a été conçue par l’artiste Américain Michael Bennett qui a également travaillé pour des groupes peu connus comme A Triggering Myth, Cast et Pig Farm On The Moon. Cette magnifique peinture représentant une figure en bois intégrée dans la souche d’un arbre rappelle beaucoup une ancienne pochette qu’il avait déjà réalisée en 1994 pour le groupe de progressif italien Il Trono Dei Ricordi, également édité chez Laser's Edge. Même ambiance, mêmes couleurs, même thème d’une personne retenue prisonnière dans un lacis inextricable de racines. Ces peintures intrigantes ont fait la réputation de Bennett qu’on n’a pas hésité à comparer à un Roger Dean contemporain. Quant à la pochette de Afterglow, elle est plus conventionnelle dans un style naïf et fantasmagorique évoquant les scènes moyenâgeuses de Jérôme Bosch sans toutefois les connotations religieuses du grand maître de Bois-le-Duc. Peinte en 1999 (semble-t-il par le claviériste Lars Fredrik Froislie lui-même), elle donne une bonne idée de l'inclination légèrement médiévale des compositions du nouvel album de Wobbler.


HINTERLAND Lars Fredrik Froislie : claviers
Martin Nordrum Kneppen : drums
Kristian Karl Hultgren : basse, sax alto et ténor
Tony Johannessen : vocals
Morten Andreas Eriksen : guitares électriques et acoustiques

Invités : Ketil Vestrum Einarsen (flûtes, vocals) ; Ulrik Gaston Larsen (théorbe, guitare baroque) ; Aage Moltke Schou (percussions) ; Paulina Fred (flûte à bec)

Durée totale 56:50

EVALUATION GLOBALE : 4,0/5
Serenade for 1652 (00:41)
Hinterland (27:46)
Rubato Industry (12:44)
Clair Obscur (15:37)


AFTERGLOW Lars Fredrik Froislie : claviers, vocals
Martin Nordrum Kneppen : drums, cromorne
Kristian Karl Hultgren : basse
Tony Johannessen : vocals
Morten Andreas Eriksen : guitares electriques et acoustiques

Invités : Ketil Vestrum Einarsen (flûtes, vocals) ; Sigrun Eng (violoncelle)
Aage Moltke Schou (vibraphone, percussions)
Tony Johannessen (vocals)


Durée totale 34:42

EVALUATION GLOBALE : 4,25/5
The Haywain (00:55)
Imperial Winter White (15:02)
Interlude (02:35)
In Taberna (13:10)
Armoury (03:00)

Difficile de noter les chansons de disques comme ceux-ci. Peut-on en effet comparer de petites pièces courtes d’à peine deux ou trois minutes avec des suites épiques qui ont nécessité un important travail de composition, d’agencement et de répétition ? De plus, certaines sections des longues compositions peuvent être plus réussies que d’autres, ce qui rend encore l’évaluation moins aisée. Quoiqu’il en soit, dans le cas de Wobbler, l’impression qui se dégage pour l’ensemble des compositions reste toujours largement positive et, pour autant que l’on apprécie le rock symphonique pourvu de structures relativement complexes, il est difficile de ne pas se laisser emporter par cette musique. C’est la raison pour laquelle tous les titres ont reçu sans distinction un score de 4 sur 5.

Peut-être alors faut-il également expliquer pourquoi le morceau instrumental « In Taberna » a été gratifié d’une note maximale de 5. La raison est qu’il s’agit d’une composition emblématique des intentions du combo norvégien. Au-delà de leur passion pour les instruments « vintage » comme le mellotron, le MiniMoog, l’orgue Hammond B3, la basse Rickenbacker ou la guitare acoustique Martin et d’une empathie authentique pour la forme du rock progressif de papa, Lars Fredrik Froislie et les siens ont malgré tout cherché à créer une musique nouvelle qui, si elle emprunte à plusieurs sources, ne les recopie pas simplement. De plus, ces références ne sont pas toujours les plus connues ni les plus faciles. Ainsi dans In Taberna, la musique évoque les contrepoints et le phrasé complexe d’un Gentle Giant, période Octopus, qui n’est pas spécialement réputé pour son accessibilité. Le côté sombre et menaçant de la musique, à l’occasion enrobée de cordes, renvoie aussi quelque part à Univers Zero dont le chef d’œuvre, Hérésie, est une vision moderne et étonnante d’un monde médiéval froid et ténébreux. Enfin, In Taberna renferme également quelques mélodies plus légères cette fois directement inspirées par les chansons de ménestrels et autres troubadours et qui rappellent par leurs arrangements non conventionnels cet autre groupe souvent sous-estimé, et pourtant combien, qu’était le regretté Gryphon. En fusionnant ces influences diverses et en leur donnant une véritable direction ethétique, Wobbler a conçu avec In Taberna une composition expressive qui renouvelle, ou si l’on préfère, qui prolonge le genre. C’est pourquoi l’on ne sautait être tout à fait d’accord avec les critiques de Afterglow, que l’on trouve en abondance sur la toile, qui reprochent aux Norvégiens de se cantonner dans une répétition conventionnelle et monochrome d’un passé révolu. In Taberna est tout au contraire une pièce vivante et jubilatoire qui sent bien davantage l’élan que l’effort.


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