Rush (Mercury) 1974 Le batteur Neil Peart n'est pas encore monté à bord et la musique qui évoque le Hard Rock des premiers opus de Led Zeppelin - riffs de Blues inclus - n'a rien de très original. Working Man et Finding My Way feront leur petit effet chez les amateurs tandis que Rush va rapidement évoluer vers une approche plus progressive.
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Caress of Steel (Mercury) 1975 La première véritable tentative d'une production progressive mais on sent que le trio canadien est loin de maîtriser le genre. En plus d'offrir le pire morceau jamais enregistré par le groupe (I Think I'm Going Bald), les deux longues compositions, The Necromancer (13') et The Fountain Of Lamneth (20'), paraissent tellement erratiques dans leur développement qu'elles engendrent rapidement l'ennui. Bastille Day et Lakeside Park échappent au naufrage mais l'album n'a eu aucun écho bienveillant et reste aujourd'hui le vilain petit canard de leur discographie.
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All The World's A Stage [Live] (Mercury) 1976 Enregistré en juin 1976 au Massey Hall de Toronto (donc dans leur fief), ce disque clôture en beauté la première période du groupe. On retrouvera ici les meilleurs titres des 4 albums en studio ainsi que les deux styles principaux du trio : le Hard Rock et le Rock progressif. Avec des pièces de choix comme Working Man, Bastille Day et les deux suites épiques 2112 et By-Tor And The Snow Dog dans une version revitalisée, on ne s'ennuie guère.
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Hemispheres (Mercury) 1978 Quatre titre seulement dont une séquelle de 18' au fameux Cygnus X-1 intitulée Cygnus X-1 Book II Hemispheres. Les thèmes qui traitent de l'opposition entre raison et émotion (confer la pochette), d'inégalité, de racisme ou encore d'aliénation, introduisent Neil Peart dans le petit cercle des auteurs les plus accomplis du Rock progressif. Quant à Geddy Lee et Alex Lifeson, ils se sont fait plaisir avec l'instrumental La Villa Strangiato, décrit par Rush comme un exercice d'auto-indulgence mais qui, à l'écoute, se révèle bien plus que ça.
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Moving Pictures (Mercury) 1981 Cet album marque la fin de la seconde période de Rush. Considéré comme la pièce maîtresse du groupe, il offre des classiques comme Tom Sawyer, Limelight, le superbe instrumental Yyz et leur dernier long morceau épique : The Camera Eye. On peut aussi l'écouter comme un disque de transition vers le troisième cycle du groupe caractérisé par des titres plus concis, percutants, très élaborés sur le plan technique et désormais dominés par le son des claviers. Indispensable !
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Signals (Mercury) 1982 Au coeur de la New Wave, le power trio virtuose propulse les synthés sur le devant de la scène et s'ouvre à un son plus moderne (forcément moins prisé par leurs anciens fans) et à des considérations plus adultes et donc plus sombres qui, loin de la science-fiction insouciante de leurs précédents opus, analysent désormais l'anxiété du teenager ou l'angoisse générée par une inexplicable technophobie. Une belle réussite avec de nouveaux classiques comme Subdivisions, Analog Kid, The Weapon, Countdown...
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Power Windows (Mercury) 1985 Le style toujours dominé par les synthés devient encore plus high-tech avec des séquences programmées et des percussions électroniques. L'album renferme de nouvelles petites merveilles comme : The Big money, Manhattan Project, Marathon et surtout l'hypnotique Mystic Rhythms mais le reste est un peu moins brillant. Quant à la production particulièrement lisse et glacée, elle laisse une impression mitigée.
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A Show of Hands [Live] (Mercury) 1989 A la fin de chaque cycle, Rush propose un double album live récapitulatif. Celui-ci, enregistré à divers endroits entre 86 et 88, est presque entièrement composé des meilleurs titres extraits de la période 1982-1987 : Subdivisions, Marathon, Manhattan Project, Mission, Distant Early Warning, Mystic Rhythms, Time Stand Still... A prendre comme un témoignage ou un "best of" du Rush synthétique des années 80.
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Presto (Atlantic) 1989 Nouveau label (Atlantic), nouveau producteur (Rupert Hines) et surtout nouveau son. Rush relègue quelques synthés au placard et ramène les guitares au premier plan sans pour autant revenir aux titres épiques des débuts. Au contraire, l'album paraît mélodique, parfois pop, même si le Rock est définitivement de retour. En passant au format CD, on a aussi plus de musique et les bonnes chansons sont loin d'être rares avec au top : Show Don't Tell, Superconductor, The Pass et Scars. Un disque largement sous-estimé à redécouvrir.
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Counterparts (Atlantic) 1993 Retour en forme pour Rush qui compose un album de Rock mélodique sur le concept des relations entre hommes et femmes (comme la pochette le laisse fort bien suggérer). L'instrumental Leave That Thing Alone, le dynamique Animate, Alien Shore, Cold Fire et Sun and Moon sont suffisamment réussis mais le sommet du disque est sans conteste Nobody's Hero, une sensibilisation au problème du SIDA rehaussée à la fois par une orchestration superbe et la guitare acoustique d'Alex Lifeson.
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Different Stages [Live] (Atlantic) 1998 2 CD de musique live avec 3 titres de la tournée Counterparts de 1994 et le reste extrait de la tournée Test for Echo de 1997. Production superbe, son excellent et une set list impeccable composée des meilleurs titres des années 90 (Driven, Animate, Nobody's Hero, Roll The Bones, Resist...) plus la suite 2112 en entier. Un troisième CD offert en bonus comprend un concert légendaire, resté inédit, enregistré à Londres en 1978 pendant la tournée A Farewell To Kings.
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Rush In Rio [DVD] (Atlantic) 2003 Mis en valeur par un fantastique jeu de lumière, Rush revisite en un show de près de trois heures une quinzaine d'albums piochés dans sa riche discographie: 29 titres réunis sur le premier compact rouge où chacun à la chance de briller y compris les 40.000 personnes présentes ce soir là. Dès leur arrivée sur scène et les premières notes de Tom Sawyer et jusqu'au dernier morceau, la puissance de feu des trois Canadiens ne faiblira jamais et force est de constater qu'avec une moyenne d'âge tournant autour de la cinquantaine, Rush conserve une phénoménale énergie et un total contrôle de sa musique.
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Feedback (Atlantic) 2004 Feedback est un EP de 27 minutes sur lequel le trio joue des reprises de morceaux classiques qu'il avait l'habitude d'interpréter sur scène au début des années 70 : Summertime Blues, Heart Full Of Soul et Shapes Of Things des Yardbirds, The Seeker des Who, Crossroads, For What It's Worth et Mr.Soul de Buffalo Springfield ainsi que Seven And Seven de Love. Pour complétistes et ceux qui aiment les "cover albums".
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Snakes & Arrows (Anthem) 2007 cette nouvelle production cache bien son jeu : à la première écoute, on entend un disque de Rock classique avec des chansons aux structures conventionnelles dont la succession de tempos moyens, l'aspect sonique similaire et l'absence de solos techniques peuvent à la longue paraître monotones. C'est une fausse impression, la qualité des mélodies et des arrangements, les textes magnifiques et les subtilités de l'interprétation vont révéler lentement un Art-Rock organique dont Rush nous avait privé depuis Counterparts.
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Fly by Night (Mercury) 1975 John Rutsey abandonne ses fûts au profit de Neil Peart qui en profite pour recibler les ambitions du trio. Fly By Night reste un album de Hard Rock mais leur première suite épique By-Tor And The Snow Dog annonce déjà les titres complexes de demain tandis que les qualités d'instrumentistes de Geddy Lee (bass/vocals) et d'Alex Lifeson (guitare) se font plus apparentes.
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2112 (Mercury) 1976 Après l'inquiétude causée par l'album précédent, 2112 apparaît comme une réussite inespérée. Plutôt que de faire un choix entre ses inclinations Métal et Prog, Rush les combine et crée une oeuvre originale qui va l'imposer définitivement. Son Opéra-Rock de SF intitulé 2112, qui occupe toute la première face du LP, est un hymne à la liberté individuelle dans une société répressive. Cette oeuvre sophistiquée où les claviers font une première et timide apparition, a un peu vieilli mais n'en reste pas moins une étape importante dans l'évolution du trio.
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A Farewell To Kings (Mercury) 1977 Ce disque confirme la montée en puissance de Rush : la virtuosité des instrumentistes est en progression, les compositions aux métriques complexes subtilement agencées, les textes bien écrits et les arrangements mieux maîtrisés avec un recours plus systématique aux synthés et l'inclusion de sons exotiques (des cloches tubulaires par exemple). On trouvera ici beaucoup de titres majeurs comme Xanadu, Closer To The Heart et l'intense Cygnus X-1 aussi imposant que le trou noir auquel il se réfère.
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Permanent Waves (Mercury) 1980 Premier grand chef d'oeuvre de Rush. Malgré (ou peut-être grâce à) quelques concessions en faveur de la New Wave (Peter Gabriel), le son de Rush évolue encore sans renier pour autant le Hard Rock progressif des anciens albums. En conservant une approche sophistiquée tout en devenant plus accessible aux masses, Permanent Waves entame une nouvelle évolution et fait mouche avec ses six titres plus denses, plus compacts et plus accrocheurs. A noter la présence du fameux designer Hugh Syme au piano sur Different Strings.
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Exit...Stage Left [live] (Mercury) 1981 Fin de période, nouvel album live. Enregistré pour les 3/4 au Canada pendant la tournée Moving Pictures de 1981 et pour 1/4 en Angleterre pendant la tournée Permanent Waves de 1980, ce double LP comprend des compositions mémorables comme Jacob's Ladder, Xanadu, Tom Sawyer et les 2 instrumentaux Yyz et La Villa Strangiato. Probablement retravaillé et lissé en studio, ce double LP n'a pas l'énergie de All the World's a Stage mais la set list est sans faute et la prestation remarquable.
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Grace Under Pressure (Mercury) 1984 Rush persiste dans une approche dominée par l'électronique et les synthés, reléguant la guitare d'Alex Lifeson au second plan. Terry Brown, aux commandes de la production depuis longtemps, lègue sa place à Peter Henderson qui polit un son à la fois plus froid et plus accessible. Mais la musique reste dense et les textes sont dramatiques, en phase avec un monde angoissé par le spectre d'une guerre nucléaire (Distant Early Warning). Cet album sombre prendra plus de temps pour être apprécié mais c'est encore un bon disque.
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Hold Your Fire (Mercury) 1987 Le dernier opus en studio du troisième cycle de Rush marque la fin de la période "synthés" et est aussi le dernier enregistré pour le label Mercury. Comme les précédents, il contient son lot de titres mémorables : le mystérieux Tai Shan dédié à la Chine ancienne, l'accrocheur Time Stand Still et le bouleversant Mission inspiré par l'explosion de la navette spatiale Challenger en 1986. Mélodique, synthétique, parfaitement inscrit dans les années 80, cet album est une suite logique du précédent dont il ne se différencie guère.
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Replay X 3 [3 DVD/1 CD] (Mercury) 1989 Edité en 2006, ce coffret comprend 3 DVD compilés à partir des vidéos (VHS) des tournées Exit Stage Left (1981), Grace Under Pressure (1984) et A Show of Hands (1987-88) plus 1 CD inédit avec la bande son du film de la tournée Grace Under Pressure de 1984. Ce coffret magnifiquement produit et remastérisé constitue un fantastique document sur le Rush des années 80 et s'avère quasi indispensable pour ceux qui ont apprécié cette période synthétique du trio.
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Roll the Bones (Atlantic) 1991 La pochette est indicative des thèmes et de l'ambiance sombre de cet album où la majorité des titres ont à voir avec le hasard et la mort. Where's My Thing? marque le retour bienvenu du groupe aux instrumentaux mais, malgré quelques autres compositions mémorables (l'exceptionnel Dreamline et peut-être Heresy), tout n'est pas parfait à commencer par la section rap de Roll The Bones dont le trio aurait pu faire l'économie.
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Test For Echo (Atlantic) 1996 Dans le même genre que sur Counterparts, Rush persiste dans une combinaison de Rock Hard ancien style et de Rock alternatif moderne mais manque cette fois singulièrement d'inspiration. Sur les 53 minutes de l'album, seuls Driven et Resist sortent de l'ordinaire (et ces deux titres figurent dans des versions plus mémorables sur les albums live Different Stages et Rush in Rio). Signalons quand même aussi la superbe pochette hivernale de Hugh Syme qui échappe au naufrage.
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Vapor Trails (Anthem) 2002 6 années après Test For Echo, ce nouvel album reste dans la même veine Rock Hard / Alternatif. Après la tragédie personnelle du batteur Neil Peart (perte de son épouse et de sa fille), les textes sont forcément sombres. Trop de morceaux ont un son brut, agressif ou distordu, tout en couches de guitares sans solo, et la production peu claire de Paul Norhtfield n'arrange rien. Surnagent au-dessus du bouillon quelques bons titres comme Ghost Rider (la chanson la plus personnelle du disque) ou Earthshine. Peu de chose en fin de compte.
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Rush in Rio [Live] (Anthem) 2003 La bande sonore du DVD en 3 CD. On a le son de ce concert gargantuesque mais pas les magnifiques images. Optez plutôt pour le DVD qui offre en plus du concert (CD rouge) un second disque noir avec des bonus dont un documentaire de 45 minutes « The Boys in Brazil » plus amusant que ce qui se fait d'habitude.
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R30 (Zoe Records) 2005 Deux DVD et 122 minutes de musique live enregistrée en septembre 2004, à Francfort en Allemagne, avec une politique contraire à celle de Rush In Rio : le bruit de foule est muté et tout est calculé pour un show atmosphérique où la musique est la seule reine. Avec une set-list qui couvre tous les cycles du groupe, ce R-30 à la photo et au son léchés est une alternative au bouillant Rush In Rio et plaira davantage à ceux qui recherchent un "Best Of" live du groupe.
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Snakes And Arrows Live (WEA) 2008 Un nouveau live, et double en plus, avec 27 titres dont 9 (sur 13) extraits du dernier album en studio. Enregistré lors de deux soirées à Rotterdam pendant la tournée Snakes & Arrows de 2007, ce disque reflète un trio en pleine forme dont le son est à la fois modernisé et survitaminé. Evidemment, réentendre Tom Sawyer, A Passage To Bangkok ou YYZ fait toujours plaisir mais la vraie question est : après Rush In Rio et R30, avait-on encore besoin d'un autre album live ?
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